Le transport-hôpital Vinh-Long 

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Le transport-hôpital Vinh-Long (1890 - SHD/M/Toulon/1U2855).
 

 

 

 

 

 

Construit aux chantiers Chaigneau et Bichon, puis Bichon frères à Lormont en Gironde, le Vinh-Long a été mis sur cale le 7 mai 1878.

Le Vinh-Long est un navire à vapeur de 5690 tonneaux, lancé le 4 janvier 1881 en tant que transport militaire pour soutenir l'empire colonial français. Il est employé comme navire-hôpital pendant la première guerre mondiale, retournant à son rôle de transport de troupe après l'Armistice de novembre 1918. Il est inscrit au registre de 1883 à 1916 comme transport de troupes et de 1916 à 1922 comme navire-hôpital.

Transport de troupes :
Il rentre en service actif le 9 février 1883. Le 20 août 1883, il appareille de Bordeaux en direction de Brest pour ses essais en mer sous les ordres du CF Douzans avant de rallier Toulon ou il est affecté. Dans les années 1885-90 il est affecté en Extrême-Orient. En 1895 il est rattaché à la Division Navale de l'Océan Indien et il participe à l'expédition de Madagascar. En 1900 il fait la campagne de Chine (Guerre des Boxers). D'août 1907 à janvier 1909, il est basé comme navire-hôpital à Casablanca, puis transport de malades

Algérie-Maroc.

En 1911 il est affecté à la Division Navale du Maroc. Il est alors armé comme transport de troupes (CF Bonnet). Lors de la première guerre mondiale, il est affecté à l'Armée Navale. L'activité croissante des transports de troupes et de matériel vers Salonique nécessitait une utilisation rationnelle de la Flotte.

 

 

La capacité du Vinh-Long était dépassée par celle des bâtiments plus modernes. En tant que transport, le Vinh-Long fut remplacé par le Canada, puis il rejoint l'escadre des Dardanelles où il sert un temps de centre au Marins de la Direction du Port de Salonique. Mais compte tenu des aménagements déjà existants qui demandaient peu de transformations, le Vinh-Long fut aménagé en juillet 1916 en navire-hôpital et remplaça le Canada dans le service hospitalier des Iles du Levant.

Navire Hôpital :
Durant 16 mois, de juillet 1916 à novembre 1917, le Vinh-Long effectue sous les ordre du CF Crouzet, dix neuf voyages de Salonique sur Bizerte ou Toulon, au cours desquels il transporte 8500 hommes. A ce titre, ce fut le transport-hôpital qui fournit le meilleur rendement. A l'issue des hostilités le Vinh-Long poursuivit ses activités dans le Levant.

Le 16 décembre 1922, alors que le bâtiment se rendait à Constantinople sous les ordres du CF de Framond, le Vinh-Long pris feu en mer de Marmara (Turquie) avec 495 personnes à son bord (des civils et du personnel militaire). En dépit des efforts de son équipage, le feu atteint les magasins, causant des explosions qui envahissent rapidement tout le bateau. En dépit de la sévérité des flammes, 482 passagers et hommes d' équipage sont sauvés par l'USS Bainbridge et l'HMS Sapoy.

  

Treize personnes, dont deux femmes et quatre enfants, ont perdu la vie dans le feu et un homme décédait à bord du Bainbridge. Il coule le lendemain devant San-Stephano en mer de Marmara par 80 mètres de fond.

 

 

XXV. - OU POILUS ET COLS BLEUS COLLABORENT ÉTROITEMENT

Mais les Turcs recevaient incessamment des renforts. Aprés avoir été contraints de reculer quelque peu, ils se ruèrent pour reprendre les lignes perdues. Leurs officiers se croyaient tellement sûrs qu'une dernière attaque de nuit allait nous rejeter à la mer qu'ils étaient pourvus de feux de Bengale rouges, blancs et verts: les premiers indiqueraient à l'artillerie d'allonger son tir quand ils nous aborderaient, les seconds que nos tranchées étaient prises, les derniers notre retraite définitive. Les rangs de l'avant n'avaient même pas reçu de cartouches, ne devant faire usage que de l'arme blanche. " Attaquez l'ennemi à la baïonnette et tuez tout ! Si vous reculez d'un pas, c'en est fait de notre religion, de notre pays et de notre nation. Soldats, le monde vous regarde! Votre seul espoir de salut est de vaincre aujourd'hui! " disait un pressant appel à la foi islamique, signé du nom bien osmanli de : von Zorwenstein. Ce fut contre le secteur que nous occupions - de la baie de Morto au prolongement d'une ligne passant par Seddul-Bahr et le pont de pierre jeté sur le Kauli-Déré - que se portèrent les plus rudes efforts des Turco-Boches. A cheval sur les deux rives du Kérévès-Déré, ils dominaient les pentes auxquelles nous étions parvenus à nous accrocher et ne doutaient pas de nous en culbuter. Le 4 mai, nous avions repoussé tous leurs assauts, mais nos malheureux soldats étaient épuisés par 6 jours et 6 nuits de combats avec un ennemi perpétuellement renouvelé, alors qu'il nous avait fallu engager nos dernières réserves. Le moral restait excellent, et se manifestait par de vigoureuses contre-attaques; mais les pertes subies avaient désorganisé les cadres et ruiné les effectifs. On attendait d'un moment à l'autre l'arrivée de la division Bailloud, hâtivement envoyée de France, et on se demandait si elle arriverait à temps pour sauver la situation. Dans ce pressant danger, le général d'Amade fit appel à l'excellente camaraderie de la flotte pour la prier de contribuer à la défense de nos positions: 1° en battant le versant occidental du Kérévès-Déré de manière à arrêter les détachements turcs qui tenteraient l'abordage de nos lignes; 2° en mettant à sa disposition les compagnies de débarquement que l'on pourrait envoyer à terre; 3° en lui fournissant des sections de mitrailleuses et, un peu plus tard, 4 canons de 37 avec le personnel et les munitions nécessaires. " Je sais de quoi vos marins sont capables, disait-il à l'amiral Guépratte, et en les associant à mes hommes, je serai heureux de les leur donner comme des exemples de vigueur, d'endurance et de dévouement. " Or, presque tous les officiers et les hommes appartenant aux sections de débarquement se trouvaient depuis plusieurs jours en corvée à terre, où ils n'avaient pas eu un seul instant de repos, eux non plus. Mais la joie d aller voir les Turcs d'un peu plus près, de pair et compagnon avec nos poilus, leur fit tout oublier et à peine avaient-ils pris le temps de venir s'équiper à bord qu'un contre-torpilleur les ramenait à terre. « Pas de spectacle plus réconfortant, dit le médecin principal Bartet, que la fierté et le bonheur avec lesquels ils repartent en chantant, bien qu'anéantis de fatigue, les traits horriblement tirés et les yeux enfoncés jusque derrière la tête. Parmi eux se trouve un jeune homme nommé Clément Poli, fils d'un officier des équipages du Jauréguiberry. Le père, qui a perdu 5 enfants sur 6, dissimule son émotion quand il voit s'éloigner le seul qui lui reste, et l'exhorte à faire tout son devoir, comme un bon et fidèle matelot. " C'était, à l'une des extrémités de la hiérarchie sociale, la même sublime abnégation dont le général de Castelnau donnait l'exemple à l'autre bout.

 

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Dernière mise à jour de cette page le 22/05/2008

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